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Le + de la semaine : Le chien guide partie 2

Bonjour à tous,

 

Comme promis, nous poursuivons notre semaine au tour de « Chien guide » avec l’interview exclusive de Mme SURAND Anne Charlotte, instructrice de locomotion à la Fondation Gallianne.

En espérant que cela réponde à vos questions, bonne lecture à tous !

Photo de Anne Charlotte SURAND, souriante, assise dans l'herbe, à côté d'un chien

Bonjour Anne-Charlotte ! Merci de prendre le temps de répondre à nos questions !

Fanny : A partir de quel âge vous proposez des chiens guides ?

Anne-Charlotte : Nous accueillons des jeunes déficients visuels dès l’âge de 11 ans et jusqu’à 18 ans. Le plus jeune bénéficiaire avait 12 ans.

 

Fanny : Avez-vous des critères liés à la vision ?

Anne-Charlotte : Oui et non ! Nous étudions les dossiers des jeunes et en fonction des données ophtalmologiques nous avons déjà une première idée. Ensuite, nous couplons ces informations au bilan de locomotion. La nécessité de la canne blanche et les conditions d’utilisation de celle-ci nous renseigne également beaucoup. Un jeune qui n’a pas besoin d’utiliser une canne dans ses déplacements, n’a pas non plus besoin d’un chien guide. Ensuite, nous préférons les voir sur place se déplacer avec leur canne puis avec un chien pour se rendre compte par nous même du bénéfice (ou non) apporté par le chien.

 

Fanny : Quel niveau d’autonomie demandez-vous ?

Anne-Charlotte : Le parcours chez nous peut être parfois long. Entre le moment où le jeune et ses parents nous envoient le dossier et le moment où le jeune bénéficie de son chien guide, il peut parfois s’écouler plusieurs mois voire plusieurs années. Nous n’avons donc pas le même niveau d’exigence en fonction du stade où en est le jeune. Mais rapidement, il devra se montrer autonome dans toutes les activités de la vie quotidienne et ce, pour deux raisons.La première réside dans le fait que le jeune passe 5 semaines à la fondation pour la remise de son chien, comme s’il était en internat et sans ses parents. Ces remises se faisant en groupe, nous ne pouvons pas tout gérer à la place des jeunes.           

Photo de la promotion Jean-Pierre Jeunet 2019 - des jeunes souriants, chacun accompagné de son chien

La deuxième raison se trouve dans le chien guide. C’est le chien du jeune et non de ses parents, il doit donc être en totale capacité de s’occuper de son compagnon à quatre pattes. Ce qui sous-tend être en totale capacité de s’occuper de soi-même !

 

Fanny : Comment se déroule le processus ?

Anne-Charlotte : Après validation du dossier administratif par la commission, le processus ‘classique’ d’obtention d’un chien guide chez nous se déroule en trois étapes.Tout d’abord, le stage découverte, sur 2 jours, où, comme son nom l’indique le jeune vient découvrir ce qu’est un chien guide et le déplacement avec celui-ci. Ce stage débute toujours par une présentation de l’équipe, du site de la fondation et de son fonctionnement à l’ensemble des jeunes et de leurs parents.L’étape suivante est la pré-classe, elle dure 5 jours, nous rentrons un peu plus dans le vif du sujet et le jeune se voit confier un chien pour la semaine. La dernière étape est la classe, ce sont 4 semaines où le jeune apprend à se déplacer de manière sécuritaire avec son chien, à décrypter son langage et à s’en occuper intégralement.Ces 3 étapes sont ponctuées d’un bilan de fin de stage entre l’équipe de la fondation, le jeune et ses parents où l’on fait un état des lieux des forces et des points à retravailler pour la suite. Chaque parcours est individualisé ce qui veut dire qu’un même stage peut être effectué plusieurs fois si nécessaire. C’est pour cette raison que l’obtention d’un chien guide peut parfois être long.Tout au long du processus, nous sommes en lien avec le service qui suit le jeune à domicile et notamment l’instructeur de locomotion.Une fois le chien guide remis à son jeune bénéficiaire, nous organisons des visites à domicile de manière régulière et ce, jusqu’à la mise en retraite du chien. Pour finir, je tiens à préciser que tous ces stages sont gratuits et que le chien guide est bien évidemment, comme dans chaque école, offert.

 

Fanny : Combien de remise faites-vous ?

Anne-Charlotte : Nous remettons une dizaine de chiens guide chaque année, l’été. Depuis l’ouverture de l’école en 2008, nous avons offert 89 chiens guides.

 

Fanny : Quels sont les avantages pour un enfant d’avoir un chien ?

Anne-Charlotte : Les avantages du chien guide, que l’on soit majeur ou mineur sont globalement les mêmes : fluidité dans les déplacements, augmentation du sentiment de sécurité, diminution de la fatigue, augmentation des relations sociales : ils deviennent en général très rapidement les mascottes des établissements scolaires ! Chez le jeune adulte, être bénéficiaire d’un chien guide permet également de faire émerger le sens des responsabilités, de l’estime de soi et une maturité certaine. Ils vont se détacher petit à petit de leurs parents qui se verront rassurés de voir partir leur enfant avec leur nouveau compagnon plutôt qu’avec la canne. Leurs déplacements vont devenir petit à petit de plus en plus nombreux et de plus en plus loin. Dans le cadre de nos stages en groupe, les jeunes vont pouvoir rencontrer des situations de vie et de déplacement nouvelles, partager et échanger entre eux, ce qui va contribuer à une autonomie grandissante. Pour certains, ils vont s’engager pour la fondation et mettre en œuvre différents projets afin de nous aider financièrement et à nous faire connaître.

 

Fanny : Avez-vous un retour à nous partager sur les enfants qui ont des chiens guides?

Anne-Charlotte : Tous les retours des jeunes bénéficiaires et de leurs parents que nous avons sont unanimes pour dire que leur chien guide a changé leur vie. En positif bien sûr !Ils constatent une meilleure intégration sociale et scolaire : moins de timidité, une plus grande ouverture aux autres, de meilleurs résultats scolaires. Un mieux être général, plus de confiance en soi et bien sûr, des déplacements plus nombreux, plus fluides, plus sûrs.Mieux que mes mots, j’aimerai vous partager le témoignage d’une de nos bénéficiaires, Anna Laura : « Il y a des choses que la vie nous enlève, mais beaucoup d’autres qu’elle nous donne : à partir d’aujourd’hui commence un nouveau chapitre de l’histoire de ma vie, à côté d’un ange gardien qui m’apportera lumière, bonheur et amour. Merci à la Fondation Frédéric Gaillanne, merci Mistral ! »

 

Fanny : Est-ce compatible avec un enfant scolarisé ? Est-ce que l’accueil scolaire est bon ?

Anne-Charlotte : Bien sûr ! La quasi-totalité de nos jeunes bénéficiaires sont scolarisés. Du côté des établissements, ils sont déjà souvent informés du projet par la famille puis nous allons les rencontrer quelques mois avant l’arrivée du chien. Nous assurons également l’intégration scolaire auprès de la classe à la rentrée de septembre. Du côté des chiens, ils sont éduqués afin d’être en capacité de rester coucher aux pieds de son maître le temps des cours donc aucun problème ! Comme je l’ai dit un peu plus haut, les chiens deviennent très souvent les mascottes de la classe et même de l’établissement scolaire ! En règle générale, tout se passe très bien. Il peut arriver que les établissements soient un peu interrogatifs au début (souvent par méconnaissance) mais lorsque nous les rencontrons, tout se délie naturellement ! Ils attendent généralement l’arrivée du chien avec presque autant d’impatience que le jeune !! Je vous remercie d’avoir pris le temps de me lire. J’ai essayé d’être le plus concise possible en vous donnant un maximum d’informations mais l’exercice n’est pas simple ! Ainsi, je vous invite à ne pas hésiter à nous joindre par mail ou par téléphone pour toute question, nous vous répondrons avec plaisir.

https://www.fondationfg.org/

 

Retrouvez-nous bientôt pour visionner le témoignage de Bérénice !

 

Fanny, Instructrice en Locomotion et AVJ


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